Retour sur l’exploit de Baptiste Dubanchet
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Retour sur l'exploit de Baptiste Dubanchet

Parti du Maroc le 6 mai dernier après moult péripéties, Baptiste Dubanchet est arrivé la semaine dernière en Guadeloupe, à l’issue d’une transatlantique épique à bord de son pédalo de 7,50 mètres de long.

Au-delà de l’exploit sportif, Baptiste a réalisé cette traversée pour porter un message fort contre le gaspillage alimentaire. Durant ses trois mois en mer, il s’est nourri exclusivement d’aliments périmés.

Partir, une aventure en soi…

C’est le 9 avril dernier que Baptiste Dubanchet s’est élancé une première fois d’Agadir, au Maroc. Cette navigation de 13 jours a été marquée par les aléas météo et Baptiste n’a pas pu rejoindre les Canaries comme il l’avait initialement prévu. « Prisonnier » de la mer et de vents défavorables, il a finalement rallié les côtes marocaines, à El Ouatia, dans le Sud du pays. Le jeune homme a tiré les enseignements de cette première tentative et il est reparti le 6 mai du Maroc. Compte tenu du retard pris dans le timing de la traversée, il a décidé de rallier la Martinique d’une traite, sans faire escale aux Canaries. Devant son étrave, il y avait plus de 3400 milles, soit 6300 km…

Un défi physique

Durant les trois mois de son périple, Baptiste Dubanchet a pédalé une dizaine d’heures par jour, dans un environnement sans cesse mouvant et souvent hostile. Sa dépense physique a donc été énorme. Parfois, il devait plonger sous le pédalo pour nettoyer la coque, ce qui lui demandait une importante dépense physique – et mentale ! Mais il a tenu bon.

Une solitude extrême

Les contacts de Baptiste étaient très limités car installer la grosse antenne Fleet permettant d’accéder à Internet lui demandait beaucoup de temps et d’énergie. Sans compter que les communications avec la terre coûtent très cher quand on est au large. Durant les dernières semaines, Baptiste réservait ses rares contacts à son routeur, qui lui donnait les conseils pour adopter les meilleures trajectoires et éviter les risques de tempête tropicale. A la longue, cette solitude est forcément devenue très pesante. « Parfois, je parlais tout seul, je délirais, j’entendais des voix. A la moitié de la traversée, je me sentais vraiment mal, ces moments ont été les plus compliqués », avouait Baptiste à son arrivée en Guadeloupe.

Un espace de vie extrêmement exigu et sans cesse ballotté par les flots…

Baptiste Dubanchet a passé trois mois sur une frêle embarcation de 7,50 mètres de long, avec un espace de vie de quelques mètres carrés. « Le fait d’être ballotté en permanence était très usant mentalement. Les trois dernières semaines, c’était encore pire, tout était trempé à l’intérieur, rien ne séchait. Cette traversée devenait une torture », confie Baptiste qui est allé au bout de son aventure malgré la fatigue, la lassitude, le découragement parfois…

Des moments de grâce

L’immensité de l’océan, le contact avec les éléments, l’horizon, les animaux marins, les levers et couchers de soleil, les fantastiques nuits étoilées sans lune… Malgré l’adversité, Baptiste Dubanchet a vécu des moments exceptionnels. « Même les moments les plus difficiles étaient ponctués d’instants de bonheur », confirme-t-il.

Un message fort contre le gaspillage alimentaire

Baptiste Dubanchet, par ailleurs diplômé d’un Master en Développement Durable, est parti pour la bonne cause. A travers sa performance sportive, il souhaitait démontrer que les inscriptions « à consommer de préférence avant le », appelées Date Limite d’Utilisation Optimale (DLUO), sont inutiles sur certains aliments comme le riz, les lentilles, le miel ou encore le chocolat. De fait, des aliments dont la DLUO est dépassée demeurent tout à fait consommables sans prendre de risque pour la santé. Pour le prouver, Baptiste s’est nourri exclusivement de produits alimentaires dits « périmés », et donc destinés à finir à la poubelle. « Après cette traversée, je suis encore plus convaincu que le gaspillage alimentaire pourrait ne plus exister. Juste avant la date de péremption, on pourrait lyophiliser tous les produits frais et allonger leur durée de vie », explique Baptiste qui a par ailleurs lancé une pétition sur Internet (https://www.change.org/p/europe-lets-reduce-food-waste-get-rid-of-unnecessary-best-before-dates?utm_source=embedded_petition_view).

Un défi à boucler

Après avoir fait Paris-Gibraltar à vélo (2500 km) puis la traversée de l’Atlantique en pédalo, il reste à Baptiste Dubanchet une troisième et dernière étape à parcourir. Fin septembre, il se rendra à Miami. L’objectif sera cette fois d’aller jusqu’à New York à vélo, toujours en se nourrissant d’aliments périmés…
Source: Communiqué Agence Mer et média.
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